05/12/2011

Concordance politique, passer des discours aux actes !

Ces dernières semaines, il ne s'est pas écoulé une journée sans que des politiciens, de gauche comme de droite, ne s'accordent pour relever les mérites du système politique suisse et en particulier la force de la concordance dans la nomination des membres des organes politiques à la tête de notre Etat démocratique comme gage de sa stabilité.

Après ce constat, les principaux acteurs peuvent lire l'environnement politique sous tous les angles. Ils arriveront forcément à la conclusion que malgré le ralentissement de la croissance de l'UDC, bien plus que le soit disant échec de ce parti lors des dernières élections, plus du quart des électeurs soutiennent le programme politique du plus grand parti de Suisse. Et il en sera certainement de même dans les années à venir !

Hormis l'arrogance des partis à la tête des villes lémaniques, les acteurs politiques qui portent la responsabilité de la stabilité socio-économique de notre pays ainsi que de nos cantons, ont compris l'importance du partage équitable du pouvoir au sein des organes exécutifs. Ce partage s'inscrit dans une juste représentation au sein de la magistrature des différentes forces politiques issues de la volonté exprimée par les électeurs lors de la désignation des pouvoirs législatifs.

Ce mois de décembre sera crucial, il témoignera du passage des discours officieux à une volonté affichée de tous les acteurs concernés, de renforcer la concordance au niveau fédéral et dans le Pays de Vaud. En effet, deux échéances politiques importantes, soit l'élection du Conseil fédéral et l'élection complémentaire au Conseil d'Etat vaudois, seront les témoins de la volonté de tous les acteurs politiques de faire perdurer et vivre notre démocratie.

Tout d'abord, l'Assemblée fédérale va devoir prendre ses responsabilités en élisant un deuxième représentant UDC au Conseil fédéral. Ensuite les Vaudois devront choisir s'ils attribuent un mandat à l'UDC qui représente le quart de l'électorat ou s'ils donnent ce siège du Gouvernement à un deuxième représentant des Verts dont le parti n'a plus que 11% des électeurs vaudois.

En 2012, si ni Jean-François Rime, ni Bruno Zuppiger ne siègent au Conseil fédéral et si Pierre-Yves Rapaz n'entre pas au Gouvernement vaudois, la concordance aura vécu ! Le système politique devra se réformer en profondeur et il n'est pas certain que notre pays puisse préserver sa stabilité socio-politique en écartant la principale force politique du pays de la gouvernance de ses autorités exécutives.

Parler librement du système de concordance ne demande pas de gros efforts, amener la preuve par l'acte que toutes les forces politiques de notre pays tiennent à notre système démocratique est une autre histoire. La réponse à cette interrogation sera donnée dans un premier temps le 14 décembre par l'Assemblée fédérale, puis par les électeurs vaudois le 18 décembre. Verrons-nous un renforcement de la concordance ou un basculement vers un système d'alternance majorité-opposition ?

 

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