07/06/2012

Nuits chaudes : Lausanne s'enrhume et Berne qui tousse !

Alors que de nombreux Lausannois crient à la saturation, les jeunes de la Ville de Berne réclament de plus larges libertés dans la gestion des nuits festives de la Capitale. Dans les deux cas, qui s'inscrivent pourtant dans une démarche en totale opposition, réside cependant une question fondamentale : quelles sont les limites de la liberté de commerce et d'entreprise.

Depuis mon engagement en politique, je défends sans ambigüité une société libérale qui donne du sens à la responsabilité individuelle. Dans le cas qui nous occupe, à savoir le développement des activités économiques proposées par les établissements de nuits ou par certaines sociétés de promotion d'activités culturelles, la marge entre la place laissée à la liberté de commerce et l'empreinte de ces activités lucratives sur les autres utilisateurs de l'espace public est très faible.

A l'offre culturelle dense et d'une grande richesse, répondent avec un effet de levier parfois très fort, les charges que font directement subir ces activités sur les ressources de la police, celles des services sanitaires ou de la voirie. A cela s'ajoute une détérioration de la qualité de vie pour les habitants des quartiers proches de l'épicentre de la vie festive lausannoise.

Aujourd'hui, les autorités politiques de Berne comme de Lausanne, sont à la croisée des chemins. Elles doivent rapidement apporter des réponses à l'équilibre instable entre l'étendue de l'offre culturelle proposée aux jeunes qui souhaitent légitimement prendre du plaisir les fins de semaines en participant à la vie nocturne et les habitants des quartiers concernés qui aspirent à plus de respect et de tranquillité.

L'équation est posée, mais il reste à trouver la bonne solution. Et une simple réponse ne va pas suffire, trop d'acteurs et d'intérêts sont en jeu. Il reste donc aux autorités politiques en charge du dossier la nécessité de mener une pesée d'intérêts et de mettre sur pied une rencontre avec l'ensemble des acteurs concernés, y compris les habitants lausannois.

A mes yeux, une démarche politique responsable est toutefois prioritaire : celle de redonner à la police les moyens de remplir sa mission dans de bonnes conditions. Il est important d'éviter que les nuits lausannoises n'attirent pas des bandes qui se livrent au hooliganisme et qui n'ont d'autres valeurs que d'en découdre avec les forces de l'ordre.

 

Commentaires

..."l'équilibre instable entre l'étendue de l'offre culturelle proposée aux jeunes..."

Des boîtes de nuit, bars et dancings par dizaines, vous appelez cela de la culture ?

Écrit par : Belphégor | 08/06/2012

D'abord, il faut connaitre l'âge moyen de la "clientèle" fréquentant cette dérive culturelle, dérive car à l'époque de Lôzane bouge, il n'était absolument pas question d'ouvrir des espaces autres que des espaces, justement ouverts à des activités culturelles, en lieu et place, les "autorités" ont noyauté et récupéré les demande de la jeunesse en ouvrant ce qui fut la première boîte de nuit de cette dérive consumériste et bourrée de drogues et de non-encadrement.

Afin de faire diversion, car d'un autre côté, la jeunesse en rébellion des années 80, était prise en otage par les organisation d'extrême gauche, puis se sont fait encadrée de l'autre coté par les mafias des dealers et cela avec la collaboration des polices, ensuite, pas très compliqué, les restes de ces revendications ont été jetées aux enchères des plus rapaces et des fils à papa déguisés en punk, ce qui a finit en ouvertures de lieux soi-disant fait pour la jeunesse, certes où il est aussi possible de s'amuser et de danser, mais qui a finit par s'apparenter à une scène n'ayant plus pour unique but que de faire du fric sur le dos des ados et cela au travers de consommateurs de coke à la tête de petits empires dans les mains de la petite oligarchie lausannoise, qui conteste cette version des faits me le fasse savoir !!

Dés le début, suite à l'ouverture du club "Dolce Vita", ce qui fut les prémices de la situation actuelle, alors que la jeunesse des années 70-80 se sentait abandonnée par ses pères, au lieu de l'encadrer et de lui permettre de mettre en place des lieux d'expression, la ville de Lausanne a corrompu les demandes pressantes en jetant aux petits consommateurs à "l’insu de leur pleur plein gré" un lieu de perdition rempli de dealers et de marchands de bières (avec les saucisses, unique culture locale) exactement à l'image de ce qu'est devenu la place "culturelle" lausannoise actuelle, c'est à dire, des lieux de déperditions projetant la jeunesse dans une non-expression totale et des vices allant du bull-machin remplit de carnitine à l'héroïne des trafiquant albanais et à la coke soigneusement transférée par les dealers nigérians !

En 1981, le journal le Temps écrivait en ces termes :

« Il n’est pas question d’accorder aux manifestants un véritable centre autonome, déclarait le syndic Delamuraz juste avant de quitter la Municipalité. Les conditions dans lesquelles peuvent être utilisés ces locaux devront se définir et se mettre en place graduellement, en sorte d’éviter tout autant le carcan réglementariste que le laxisme intégral, ajoutait-il, au moment où il annonçait la mise à disposition de «Lausanne bouge» d’un bâtiment à la rue Saint-Martin. On a laissé ledit bâtiment devenir en fait un véritable centre autonome, alors que «le radical qui en cachait un autre» abandonnait un héritage empoisonné à son successeur en gagnant les hauteurs de l’administration cantonale.

Un peu plus d’un mois plus tard, l’expérience semble très mal partie. Il y a évidemment des problèmes de drogues encadrés par des flics "ripoux", de fugueurs, de chapardages, de saleté. Le plus sensible pour la population est cependant le bruit. Depuis une dizaine de jours les habitants, les commerçants et les centaines d’employés présents à Saint-Martin aux heures de bureau sont soumis en permanence à un véritable déluge sonore, les occupants du Centre autonome prenant un malin plaisir à passer, toutes fenêtres ouvertes, de la musique à pleine puissance.

Cette situation est supportable deux heures. Elle ne l’est pas deux semaines. Ni physiquement, ni nerveusement, ni sur le plan des principes. On ne saurait admettre qu’une poignée d’individus en perturbe des centaines d’autres qui sont tenus, eux, de respecter les réglementations en vigueur. […]

Il serait souhaitable que l’on soit bien conscient à l’Hôtel de Ville et à la Direction de police de l’état d’exaspération qui règne […].

Que l’on y soit conscient aussi que la façon dont est conduite cette affaire va à fin contraire des buts que la Municipalité s’était fixés. La remise d’un bâtiment à «Lausanne bouge» n’avait de sens que s’il devenait un endroit de rencontre, de distraction et de discussion à l’intention de jeunes marginaux pour qui c’est semble-t-il un besoin. Que si elle contribuait à établir un certain niveau de tolérance réciproque entre une minorité et une majorité de la population ayant des aspirations et des modes de vie pour le moins opposés. Que si elle traduisait une appréhension nouvelle des problèmes d’une certaine jeunesse.
Tout est mis en oeuvre pour éconduire notre jeunesse vers une impasse, cela à court ou à long terme.

Écrit par : Corto | 09/06/2012

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