06/02/2013

Vaudois, contribuable-contributeur des caisses de pension

Après le feuilleton lausannois, dont le prochain épisode est déjà programmé, c’est au Canton de Vaud de tirer une nouvelle salve pour le sauvetage de sa Caisse de pension. Dans les deux cas le ‘’spectateur-contribuable’’ est captif, il paye largement sa place au spectacle du sauvetage de la Caisse de pension des collaborateurs de la Ville de Lausanne et à celle du Canton de Vaud ! Ma participation au renflouement de ces deux caisses de pension m’interpelle et je me suis interrogé pour savoir qui s’acquittait des charges de ma propre caisse. A part mon employeur, je me retrouve bien seul pour régler cette prestation. Et que dire de ces indépendants qui financent eux-mêmes l’entier de leur retraite !

Loin de moi l’idée que l’Etat se soustraie à son devoir d’employeur, qui doit en principe participer de manière paritaire aux prestations du deuxième pilier. Le problème n’est pas là, d’ailleurs l’exemple de nombreuses caisses publiques, parfaitement gérées, nous rappelle que certaines collectivités publiques ont su équilibrer les prestations offertes avec les cotisations versées !

Aujourd’hui, notre difficulté provient du déséquilibre entre les partenaires sociaux dans les négociations sur les primes et les prestations. A cela s’ajoute l’absence d’un système équitable des  prestations offertes répondant à la primauté des cotisations.

Mais voilà, les syndicats de la fonction publique ont un poids considérable dans les négociations et les représentants de l’Etat sont des personnalités, certes compétentes mais qui sont soumises périodiquement à réélection. Ils ont pour la plupart besoin du soutien du ‘’collaborateur-électeur’’, cependant ils devraient aussi tendre l’oreille au ‘’contribuable-électeur’’. Il n’est pas simple de prendre des décisions politiques courageuses, alors qu’elles sont dictées par des règles économico-financières dont on ne peut se soustraire pour garantir une saine gestion des caisses de pension publiques.

Ensuite, je me dois d’évoquer les changements profonds qui sont intervenus depuis qu’on a posé les bases de la prévoyance professionnelle. Aujourd’hui notre pays est dans les choux avec ses courbes démographiques et le vieillissement de sa population. Les prestations imaginées voici près de trente-cinq ans ne sont plus supportables financièrement. Si l’Etat de Vaud et la Ville de Lausanne veulent vraiment sortir leur caisse de pension des déficits et arrêter de puiser dans la poche du contribuable, la solution passe par la primauté des cotisations, l’élévation de l’âge de la retraite et une révision du plan des prestations. En dehors de leur devoir d’employeur, il n’est plus acceptable que nos caisses de pension publiques recourent à l’impôt pour assainir leur situation.

Le seul qui n’a pas voix au chapitre, c’est le contribuable à qui l’on dit : Tais-toi, paye et débrouille-toi avec ta retraite !

 

14:16 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0)

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