29/08/2013

Supprimer l’obligation de servir, c’est renoncer à notre armée.

Dernièrement à l’occasion d’une conférence, mon ami Yves Nidegger faisait remarquer à juste titre à l’assistance qu’absolument « tous les peuples de notre monde avaient une armée sur leur territoire », astucieusement il ajoutait que si « ce n’était la leur, c’était celle du voisin » !

Cette phrase résume à elle seule tous les arguments que l’on pourrait objecter au texte du GSsA qui,  en rendant l’obligation de servir facultative, veut en définitive purement et simplement supprimer l’armée de notre pays.

Nous devons reconnaître que le GSsA, contrairement au Conseil fédéral sur notre appartenance à l’Union européenne, n’a pas un agenda caché. Ce groupement veut clairement la disparition de notre armée. Restons toutefois objectif et admettons que sans une réelle obligation de servir, notre pays ne sera plus en mesure de doter son armée de suffisamment de volontaires.

A priori, il n’est pas idiot de faire référence à des dépenses publiques importantes, au temps nécessaire pour accomplir son service obligatoire pris sur la vie professionnelle ou encore évoquer le besoin de laisser sa vie privée de côté l’espace de quelques semaines pour justifier l’abandon de cette obligation de servir. Mais voilà cet abandon au demeurant  anodin conduirait inéluctablement à la fin de notre armée de milice sans garantir les ressources nécessaires à une véritable armée de professionnels.

La réalité nous appelle donc à une interprétation bien différente de celle du GSsA sur le besoin pour chaque pays de disposer d’une véritable armée défensive.

Comme le faisait remarquer Yves Nidegger, tous les peuples du monde, à de très rares exceptions, comptent une armée sur le territoire, encore faut-il que cette armée soit la leur et pas celle d’un occupant indésirable. A l’heure du débat, les porteurs de l’initiative laissent entendre que ce n’est « que » l’obligation de servir qui est en jeu et qu’un vote en faveur de la fin de l’obligation de servir permettrait au final à notre pays de disposer d’une armée formée de professionnels.

Aujourd’hui les expériences menées dans différents pays étrangers sont là pour nous rappeler qu’un trop grand nombre de jeunes n’accepteraient pas de renoncer à leur liberté durant quelques semaines pour servir leur patrie. Les volontaires seraient probablement rares, alors que leurs qualifications insuffisantes pour une telle tâche feraient probablement débat.

Le GSsA avec les partis de gauche savent pertinemment que sans une obligation de servir, il n’y aurait pas suffisamment de volontaires pour permettre le fonctionnement de notre armée. Ne pouvoir compter que sur la simple motivation des citoyens, ne permettrait plus de garantir l’organisation de la sécurité civile et militaire de notre pays.

 

Notre Etat devrait probablement mettre des moyens financiers supplémentaires en faveur de sa sécurité pour des résultats médiocres. A terme, notre sécurité pourrait être confiée à des commandements militaires étrangers, à l’exemple de l’OTAN. Nous ne voulons pas d’un tel scénario !

Lors de la votation du 22 septembre  2013, nous devons clairement rejeter cette initiative qui exige de supprimer l’obligation de servir. Il est de notre devoir de défendre notre fédéralisme et notre démocratie directe. La Suisse ne pourra pas faire face à la disparition de ses frontières, à une immigration de masse et à l’explosion de la criminalité, si elle ne peut s’appuyer sur un dispositif sécuritaire dissuasif qui englobe l’obligation de servir son pays. Notre pays jouit d’une situation socio-économique enviable. Il la doit en priorité sa stabilité politique qu’à un système sécuritaire adapter au sein duquel notre armée de milice joue un rôle prioritaire !

Commentaires

J'aime beaucoup l'article 59.3 "la Confédération légifère sur l'octroi d'une juste compensation pour la perte de revenu des personnes qui effectuent un service".
Et he!.4 "les personnes qui sont atteintes dans leur santé dans l'accomplis-sement d'un service ont droit, pour elles-mêmes ou pour leurs proches, à une aide appropriée de la Confédération; si elles perdent la vie, leurs proches ont droit à une aide analogue".
Imaginez qui va s'engager volontairement!
Avec ça, on est sur d'être bien protégé!

Écrit par : Corélande | 29/08/2013

@Corélande,vous n'avez pas tout faux cependant n'oubliez pas le fameux adage bien Suisse :depuis que la mort existe qu'on se trouve n'importe ou on ne peut être sûr de rien/rire
toute belle journée pour vous

Écrit par : lovsmeralda | 30/08/2013

ok, mais c'est un esprit communautaire qui passe par cette institution et qu'il faut préserver. Sans compter que le devoir d'entretien et de protection des uns envers les autres (et là on évite tout conflit générationnel) passe parfaitement par l'armée.
Et si je peux me permettre de nos jours, c'est encore plus nécessaire et essentiel qu'auparavant.
Pour ma mort, elle sera la bienvenue à son heure et où qu'elle veuille.
N'oubliez quand même pas, que les générations jeunes et en devenir auront aussi à un moment ou un autre le besoin de se sentir protéger et d'être protégés. Au vu des mouvements de bottes dans le monde en permanence, plus personne, ni aucun état n'est à l'abri. Alors l'armée en Suisse oui et encore sous la forme obligatoire bien évidemment. J'ai la même position pour le Grippen,je pense qu'ils sont d'une priorité absolue.

Écrit par : Corélande | 30/08/2013

L'armée suisse ne sert à plus rien depuis la raclée de 1515; sauf le 9 novembre 1932 où elle c'est distinguée par ce tragique évènement:

Sous le commandement du major Perret, de jeunes recrues de l'armée suisse font face à une manifestation ouvrière contre le fascisme à Plainpalais et tirent sur la foule, tuant 13 personnes et en blessant 65.

La seule fois où ces bras cassés alcoolisés ont ouvert le feu, c'était pour massacrer d'honnêtes ouvriers suisses qui manifestaient contre les fascistes... les UDC d'alors.

Il faut tout mettre en oeuvre pour décrédibiliser et humilier cette usine à futurs UDC obtus et bornés.

Donc tous avec le GSsA!

Écrit par : Le Camarade Staline | 31/08/2013

Monsieur Voiblet

Votre titre serait (presque) parfait si, avec quelques ajouts, l'ordre des mots avait été permuté!

Supprimer notre armée, c’est renoncer à ne servir à rien par obligation.

... Et si vous ne deviez pas être d'accord avec cette manière voir, c'est probablement que vous n'avez pas eu le grand "privilège" de ne servir à rien dans la MAM (Meilleure Armée du Monde)

Mais je serais étonné que vous ne soyez point de mon avis, puisque j'ai lu "Il faut sauver le SOLDAT* Claude-Alain Voiblet".
C'était un peu avant le second tour des élections cantonales de 2012. Vous êtes donc SOLDAT et n'avez servi à rien âinsi que la presque totalité des SOLDATS... À rien, puisque dans l'alliance avec le PLR, vous avez été évincé par le peuple.

*l'écriture majuscule est de mon cru. En mars 2012, Mehdi-Stéphane Prin avait écrit son article en minuscules.

Écrit par : Baptiste Kapp | 31/08/2013

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