30/01/2014

Votations fédérales du 9 février : Qui finance la propagande musclée du Conseil d’Etat vaudois ?

Ces derniers jours, en vue de la campagne de votation du 9 février 2014, les membres du Conseil d’Etat et le président du collège gouvernemental en particulier, se sont offerts à coup de pleines pages d’annonces publicitaires dans les principaux journaux romands, une vaste campagne de promotion personnelle en s’engageant dans cette campagne.

A titre d’exemple, le président du Conseil d’Etat a fait paraître une annonce couleur d’une demi-page dans le journal « 24 Heures » du samedi 25 janvier 2014, une autre annonce d’un tiers de page dans le journal « Le Matin Dimanche » du 26 janvier 2014 ainsi qu’une moitié de page dans Lausanne Cité de cette semaine. Une autre annonce sous la forme d’un bandeau en couleur a également paru à plusieurs reprises, avec la photo d’ensemble des membres du Conseil d’Etat, dans différents journaux en vue de ces mêmes votations du 9 février 2014. Alors que de nombreuses annonces testimoniales avec la photo des Conseillers, socialistes, verts et PLR fleurissent dans les pages de presque toute la presse romande.

Le graphisme ressemble à si méprendre à la campagne d’Economie suisse, y compris pour les annonces de Conseillers d’Etat de gauche, qui dans quelques mois vont se battre pour l’introduction d’un salaire minimum dans l’ensemble de pays ! Cela n’est pas une blague…

Devant cette situation, les électeurs, mais surtout les contribuables ont besoin d’une solide explication des membres de l’autorité exécutive qui gouverne le Canton de Vaud. Pour cela j’invite le Conseil d’Etat à répondre aux questions suivantes qui concernent directement les trois objets soumis au vote du peuple en février 2014 :

  • Qui a financé les campagnes d’annonces du Conseil d’Etat sur les différents objets soumis au vote du peuple le 9 février 2014 ? 
  • Le Conseil d’Etat est-il en mesure d’assurer que l’argent du contribuable n’a d’aucune manière financé les annonces publiées dans le cadre des trois objets en votation le 9 février prochain, y compris par le biais d’associations ou d’institutions placées sous le contrôle ou touchant des prestations de l’Etat de Vaud ? 
  • Lorsqu’un membre du Conseil d’Etat reçoit ou bénéficie de montants de plusieurs dizaines de milliers de francs pour promouvoir son image et ses idées lors d’une campagne de votation ordinaire, en dehors d’une votation visant directement à son élection, ne devrait-il pas déclarer au fisc les sommes perçues ?   
  • En dehors des élections de renouvellement du Conseil d’Etat, quelles règles applique notre Gouvernement avant d’accepter des financements de campagne d’annonces qui le concerne directement ? 
  • Notre Gouvernement est-il en mesure de garantir que les prestations reçues sous la forme du financement d’annonces publicitaires ne pourront d’aucune manière influencer de futures décisions dans l’attribution de mandats publics ou d’autres engagements du Conseil d’Etat ?

Par des réponses claires et précises à ces différentes interrogations, les membres du Conseil d'Etat pourront informer le Peuple d'une utilisation judicieuse de l'argent public loin de de toute pensée partisane. Cela permettra aussi de clairement exclure toute connivence future dans l'attribution de mandats publics, notamment lors des investissements lourds de l'amélioration des transports publics.

Pour ce qui est d'Economie suisse, je me plais simplement à rappeler que les alliés d'aujourd'hui sont déjà les ennemis de demain !

 

Commentaires

Je vous invite à convaincre votre groupe de la nécessité d'une loi sur le financement des partis et des campagnes, loi qu'il refuse systématiquement!

Écrit par : Abakar Oktopus prince sans princpauté qui foule de sa sandale le tombeau des rois | 30/01/2014

Effectivement, la transparence doit aussi concerner les partis. Que l'Etat donne ses chiffres. Et que l'UDC, comme tous les autres partis, ouvre ses livres de comptes. Merci Monsieur Voiblet pour cet appel à la transparence politique, absolument nécessaire.

On vous attend avec une prochaine motion sur ce point?

Écrit par : et chez vous? | 30/01/2014

Il ne faut pas tout confondre ! Dans cette campagne en vue du 9 février notre parti est transparent, M. Blocher a fait savoir qu'il finançait la campagne du OUI à l'initiative contre l'immigration de masse ! Qu'en est-t-il des 10 à 12 millions des adversaires de cette initiative, d'où vient l'argent et qui finance-t-il !

Par ailleurs la différence est de taille si l'on parle des financements des partis politiques ou le financement direct d'élus au sein d'exécutifs ! il y a ceux qui invitent à voter pour le FAIF et qui devrons attribuer des milliards pour les investissements prévus dans ce projet ! Vous n'y voyez pas un petit problème ?

Écrit par : Claude-Alain Voiblet | 30/01/2014

Je ne demande qu'une chose, comme vous: la transparence.

De la part de l'Etat. Mais également des partis.

Merci d'avoir fait avancer le débat là-dessus. Chaque petit pas nous amène vers davantage de transparence. Tant mieux.

Écrit par : et chez vous? | 30/01/2014

Par ailleurs, il est assez évident que toutes ces tentatives de dernière minute pour faire croire au peuple que les autorités prennent des mesures contre l'évidente surpopulation porte un nom : FOUTAGE DE GUEULES ! Et cela n'échappe à pas grand monde...

Écrit par : Géo | 30/01/2014

Vous voulez dire un problème comme quand un parti invite à voter pour défendre des gens qui financent ses campagnes (p.x: les différentes votations concernant les assurances maladies) On a beaucoup moins entendu votre groupe émettre des réserves lors de ce genre de votations.

Comment voulez-vous qu'on prenne au sérieux ce genre de réactions lorsque vous êtes de l'autre côté de la barrière.

Engagez-vous vraiment pour une loi sur la transparence des campagnes et du financement et seulement à ce moment là vous aurez une once de crédibilité.

Écrit par : Abakar Oktopus prince sans princpauté qui foule de sa sandale le tombeau des rois | 30/01/2014

Je rejoins totalement Abakar Oktopus prince sans princpauté qui foule de sa sandale le tombeau des rois

Il faut une loi sur la transparence des partis politiques. Pour l'Etat, pas besoin de loi: votre interpellation, Monsieur Voiblet, montre que l'Etat est déjà obligé de répondre.

Merci encore de vous engager, vous et l'UDC Suisse que vous représentez comme vice-président, pour la transparence du financement des partis. J'attend avec impatience une motion allant dans ce sens.

Pas de géométrie variable à la transparence!

Écrit par : exact!!! | 31/01/2014

Monsieur Voiblet,

Vous dites:
"Il ne faut pas tout confondre ! Dans cette campagne en vue du 9 février notre parti est transparent, M. Blocher a fait savoir qu'il finançait la campagne du OUI à l'initiative contre l'immigration de masse !"
D'accord! Mais à hauteur de combien?... Quatre sous et quelques pommes?
Des pommes cueillies sur un arbre aux racines aussi noires que les non-dits de l'initiative... et de celles de ses adversaires!

Écrit par : Père Siffleur | 31/01/2014

Financement en politique :

Certes on peut débattre du financement des partis politiques par l'économie privée ou d'ailleurs par les syndicats !
Dans le cas du Conseil d'Etat, la situation est différente, il s'agit d'argent du contribuable ou d'argent pouvant provenir d'acteurs qui pourraient par la suite bénéficier de l'argent du contribuable dans l'attribution de travaux !

Écrit par : Claude-Alain Voiblet | 31/01/2014

Le financement des partis politiques ou le financement d'un campagne politique sont 2 choses différentes.

Si un mécène veut soutenir à bras-le-corps un parti politique, c'est son problème. C'est son argent.

Si la campagne politique actuelle du CE vaudois est financée par EconomieSuisse, j'en n'ai personnellement rien à foutre. Mais si les encarts publicitaires sont payés par le canton, c'est inacceptable. L'argent public n'a pas à financer une campagne politique. Ou alors on reverse aux adversaires la même somme.

Écrit par : Pascal | 31/01/2014

Votre dernière phrase est tout à fait éloquente "Pour ce qui est d'Economie suisse, je me plais simplement à rappeler que les alliés d'aujourd'hui sont déjà les ennemis de demain ".
Cela signifie que l'UDC est régulièrement alliée avec economiesuisse contre la gauche. En tant qu'ex-secrétaire de l'UDC Vaud, vous savez donc exactement comment se passe une campagne et qui finance quoi. Dès lors pourquoi déposer une interpellation pour le demander si vous connaissez déjà la réponse à vos questions?

Écrit par : Alfonse Dupuis | 31/01/2014

Hé non messieurs Pascal et Voiblet, je ne suis pas d'accord avec votre raisonnement. Le financement des campagnes politique de la part du privé ou du publique ne sont que les deux faces d'une même pièce.
En l'occurrence quand des caisses maladies financent des campagnes et augmentent leurs primes les années suivantes c'est également avec l'argent des contribuables voyez-vous.(je vous cite: d'argent pouvant provenir d'acteurs qui pourraient par la suite bénéficier de l'argent du contribuable dans l'attribution de travaux !). On pourrait également élargir ce problème à des tas d'autres votations.
Je suis tout à fait d'accord avec "exact" il ne doit pas y avoir de transparence à géométrie variable; publique, privé même combat!

Je me permettrais aussi de rebondir sur la notion "d'ennemis", je pense que le terme "adversaires" est plus approprié. La politique doit être un débat d'idée, pas une guerre totale sans règles ni décence.

Écrit par : Abakar Oktopus prince sans princpauté qui foule de sa sandale le tombeau des rois | 31/01/2014

Il est très cocasse de reprocher au Conseil d'Etat de faire campagne via les institutions démocratiques et l'argent du contribuable tout en faisant de même en déposant une question au Grand Conseil dans le seul but de faire campagne par le biais d'institutions démocratiques et de l'argent du contribuable. Puisque cela va de soi que ce cher Monsieur Voiblet, en vieux roublard de la politique, sait bien d'où vient l'argent des campagnes.
C'est tout de même étonnant de reprocher à des politiciens élus de faire de la politique...

Écrit par : Dider | 31/01/2014

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