22/05/2014

Parc éolien vaudois : Le vent dans les voiles, oui mais en empruntant quel chemin ?

Le Canton de Vaud s’est engagé sans réserve dans la planification d’un futur parc éolien comptant plus de 150 installations sur l’ensemble du territoire cantonal. Ouvert à la réalisation de telles installations, l’impact sur la qualité de vie des habitants qui vont se retrouver avec une éolienne dans leur jardin ainsi que l’impact paysager méritent à mon sens une réflexion plus large qui prenne en compte la productivité des éoliennes. En effet, rapportée aux nuisances importantes dont je viens de faire mention, n’est-il pas justifiable de  garantir une production d’énergie suffisante ? En fonction de l’exiguïté du territoire suisse, nous ne devons pas oublier que certains citoyens devront vivre le restant de leur existence à quelques centaines de mètres d’une ou plusieurs éoliennes.

 

Alors même que le rendement de certaines installations est remis sur la table des discussions dans les pays qui nous entourent, le Grand Conseil vaudois a dans sa grande majorité refusé la détermination que j’ai proposée ‘’souhaitant que le Conseil d’Etat prenne en compte la rentabilité parmi les principaux critères de délivrance d’un permis de construire pour les installations d’éoliennes sur le territoire cantonal compte tenu des inévitables effets négatifs pour les populations concernées et sur notre paysage’’.

 

Au sein de l’hémicycle, le débat a surtout permis d’entendre les représentants de groupes de producteurs d’électricité, affirmer la bouche en cœur que les nombreux projets planifiés, sur les crête du Jura comme d’ailleurs en plaine, offraient toutes les garanties d’une production prometteuse et rentable. Soit dit en passant, cette rentabilité n’est possible qu’avec de solides  contrats de reprise de l’électricité à un prix largement plus élevé que celui du marché.

 

Au final, le Grand Conseil a conclu que les nuisances engendrées par la rotation des palles des futures éoliennes ne méritaient pas l’on prenne en compte une production annuelle suffisante. Pour ma part je reste persuadé que le respect minimum des citoyens qui verront pousser des éoliennes sous leurs fenêtres passe par une production d’énergie maximale.

 

Aujourd’hui, alors que l’on parle d’un investissement total de plus d’un milliard de francs pour la réalisation du parc éolien vaudois, ne serait-il pas logique d’accorder le permis de construction en priorité aux installations dont le rapport entre la production annuelle et les nuisances occasionnées soit optimal. Une chose est certaine, c’est au final le contribuable, citoyen consommateur d’électricité, qui va s’acquitter de la totalité de la facture.

22:30 Publié dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1)

Commentaires

Merci M. Voiblet d'encourager à une vision globale, non pas limitée au seul pieux désir de se passer du nucléaire. Les riverains sont les dindons de la farce. Les promoteurs assurent, et je les crois, une excellente rentabilité mais ne donnent que des indemnités ridicules aux communes riveraines. Le problème de la démocratie, qui on le sait n'est que le moins mauvais des systèmes, c'est que toute une population peut prendre des décisions qui pénalisent des minorités, en l’occurrence les riverains à quelques centaines de mètres de ces monstres à ailes. On devrait pour l'implantation d'éoliennes fonctionner comme dans les affaires, en négociant. Les collectivités concernées et les promoteurs négocient l'indemnité, et si les promoteurs ne peuvent dédommager correctement pour les nuisances, qu'ils les mettent ailleurs leur usines à vent et à fric !

Écrit par : Yves Bornick | 23/05/2014

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