28/08/2014

L’influence des sans-papiers dans la stratégie d’intégration du canton de Vaud

Le 41ème numéro du journal ‘’Intégration  Info’’ publié par le Conseil d’Etat, annoncé comme une édition spéciale sur le programme d’intégration cantonal 2014-2017, a suscité mon intérêt. Lors de la sortie de ce numéro spécial en janvier dernier, le Conseil d’Etat n’a pas caché que ce document s’inscrivait clairement dans la perspective de la votation du 9 février 2014.

Doit-on considérer cette démarche comme un engagement politique ? Libre à vous de répondre à cette question !

En fait mon intérêt résidait dans la volonté de nos institutions étatiques ou paraétatiques de ‘’fixer des objectifs stratégiques communs et dégager des ressources substantielles’’ en faveur d’une politique nationale d’intégration volontaire promettant des contributions substantielles aux cantons.

Cette démarche va dans une bonne direction. Mon intérêt s’est alors porté sur les points forts du programme d’intégration cantonal. Ce programme fait tout d’abord référence au 32% d’étrangers que compte notre canton en mettant en évidence que l’intégration est devenue un enjeu politique et social majeur.

En analysant ce programme d’intégration dans le détail, un élément frappant nous interpelle, la prise en compte des sans-papiers !

Alors que la stratégie cantonale d’intégration se base sur de nombreuses statistiques relatives à la gestion migratoire,  elle passe sous silence la forte présence de personnes sans papiers sur notre territoire cantonal, au cœur de nos villes en particulier.

En principe la loi fédérale sur les étrangers – mais également la loi vaudoise sur les étrangers - offrent  les outils nécessaires à l’Etat et aux communes pour gérer la migration dans son ensemble, en particulier la migration illégale. Aujourd’hui notre canton compte assurément plus de 15'000 sans-papiers, ce chiffre estimatif provient des milieux des églises et de l’intégration, certains évoquent un chiffre encore bien supérieur.

En matière de gouvernance publique, je me permets de remettre en cause une stratégie politique et la mise en œuvre de moyens financiers visant à améliorer l’intégration sans se préoccuper de la présence de nombreux sans-papiers présents sur le sol vaudois. Aujourd’hui une stratégie cohérente et l’utilisation d’importantes ressources financières demandent expressément de la part de nos gouvernants une réflexion sur les résultats espérés. Il n’est pas possible à mes yeux de mettre en œuvre une stratégie pour renforcer l’intégration et fermer les yeux sur le nombre de sans-papiers qui auront indéniablement une influence sur cette politique.

C’est ainsi que j’ai plaidé à la tribune du Grand Conseil pour que notre Canton se donne les moyens de suivre l’évolution du nombre des sans-papiers, ce d’autant qu’il admet qu’il n’y a actuellement aucun outil statistique permettant d’évaluer ce facteur migratoire.

Alors que l’influence socio-économique des sans-papiers est reconnue, il ne s’est trouvé que les élus UDC et quelques députés PLR pour soutenir une détermination dont l’objectif était d’améliorer la politique d’intégration en marge du programme d’intégration cantonal PIC 2014-2017 par l’étude d’indicateurs statistiques permettant dans les années à venir d’apprécier l’évolution du nombre de sans-papiers dans le Canton de Vaud.

Le parlement a préféré renoncer à une étude en fermant les yeux sur une problématique avérée de peur de mettre en lumière le nombre de sans-papiers et leur situation dans notre canton !

Dans l’intervalle peu importe si l’Etat dépense des sommes importantes dans un programme stratégique pour améliorer l’intégration, sans se préoccuper des sans-papiers et de l’utilisation optimale de l’argent public.

http://www.publidoc.vd.ch/guestDownload/Objet.pdf?path=/C...



 

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