24/09/2014

Etat social – Lausanne, ce grand laboratoire d’idées pour la gauche…

La gauche affiche sa vision de l’Etat social dans le rapport social de Lausanne 2013. Sous ce titre de « Lausanne, Ville sociale», les autorités de gauche présentent leur catalogue de prestations et du même coup s’offrent une campagne de promotion politique en leur faveur.

A priori en découvrant le rapport social de Lausanne 2013, le lecteur pouvait s’attendre à trouver des éléments en rapport avec les résultats de la politique menée par la Ville en matière sociale. On pouvait s’attendre à ce que la Municipalité nous explique pourquoi notre ville s’affiche au premier rang des communes dont la facture sociale explose depuis 1990. Si Lausanne présentait une facture sociale de 7 millions à cette époque, cette facture dépasse aisément les 110 millions de francs aujourd’hui !

Pourtant il n’en est rien, ce document est un catalogue de promotion de la politique sociale de Lausanne. Il sert en priorité à valoriser – ou plutôt à excuser - les engagements financiers disproportionnés de notre Ville dans une politique sociale dépensière, prête à satisfaire un large électorat. Pourtant, il est évident que chaque prestation, décrite sous la forme de vision dans le rapport qui nous intéresse, a un prix qui vient directement gonfler la facture sociale.

A ce jeu-là, il faut rappeler que toutes dépenses devraient trouver leur financement ! En est-il réellement ainsi dans la politique menée par la Ville de Lausanne ? Permettez-moi d’exprimer de sérieux doutes, si ce n’est que la facture est finalement imposée aux contribuables !

A lire certains paragraphes de ce rapport - aucun doute n’est permis - il s’agit d’un acte fort de promotion de l’aide sociale destinée aux habitants de notre cité. Ce document un véritable document d’appel à la disposition du citoyen de Lausanne, mais aussi aux citoyens d’autres localités, désireux de bénéficier de l’offre sociale florissante de Lausanne. Ce rapport est à n’en pas douter un outil permettant de justifier les coûts excessifs générés par la politique mise en place à Lausanne.

A la lecture de l’éditorial du mandataire de ce rapport, le Municipal à la tête de l’action sociale, il est précisé astucieusement que ce document n’est pas un rapport d’activité. Il faut donc lui chercher un nom et le classer dans une nouvelle catégorie politique : ce document se veut un véritable plaidoyer de ce que nos gouvernants attendent d’une « Ville sociale ». Il dresse l’inventaire du travail qui reste à entreprendre pour que cette image de « Ville sociale » devienne réalité. C’est également un concentré de justificatifs politiques pour se départir de toute responsabilité dans l’explosion manifeste des coûts sociaux à Lausanne ! Nul doute qu’avec un tel marketing de l’action sociale, la Gauche s’offre une solide campagne en vue des élections communales de 2016 et des élections cantonales de 2017 aux frais de nous autres contribuables.

Ce rapport social fait référence aux différents mandats qui relèvent des prestations de l’Etat de Vaud et de la Ville. Il rappelle également l’essentiel de l’action sociale conduite par la ville. Le représentant de la Municipalité conclut son message qui s’apparente à un véritable programme politique en précisant à l’adresse des lecteurs et des citoyens qui pourraient recourir à l’aide sociale, qu’il reste encore beaucoup à faire. Cependant le citoyen n’a aucune crainte a avoir, le Municipal en charge de l’action sociale se veut rassurant, il n’entend pas s’arrêter en si bon chemin et il va poursuivre une politique permettant de renforcer l’action sociale et l’offre de prestations dans ce domaine !

Ce rapport évoque le logement pour tous, la lutte contre l’endettement, le revenu garanti (salaire minimum) à chacun, les soins sans oublier une véritable promotion des missions dévolues à l’Etat de Vaud et à la Ville de Lausanne. Ainsi, nos gouvernants ne parlent désormais plus de « prestations », mais de « missions » ; ce changement de vocabulaire en dit long sur les intentions de notre Municipalité.

Avec son rapport social 2013, la Ville prend des engagements fort – et fort coûteux- en matière de politique sociale. De l’avis de la Municipalité chacun a droit à un logement, alors la Ville garantit un relogement ! En l’absence de titre de séjour ou en raison de difficultés particulières d’un citoyen, la Ville lui assure un hébergement de nuit et un accueil de jour ! Le service social assure une distribution de nourriture, etc...

Chacun doit pouvoir exercer un emploi salarié lui permettant de subvenir à ses besoins et obtenir, en cas d’incapacité de travail, un revenu de substitution. A défaut le service social garantit, en cas d’indigence, lui garantit un minimum vital cantonal. Il dispense aussi une aide à l’insertion socioprofessionnelle. Chacun doit être au bénéfice d’une assurance maladie lui garantissant l’accès aux soins, si cela n’est pas possible le service social offre toute l’aide nécessaire pour maintenir ou rétablir l’assurance maladie.  Et toujours en l’absence de titre de séjour ou en l’absence d’assurance maladie, le service social assure des soins de premier recours et des prestations d’hygiène. Chacun doit être protégé contre le surendettement, si vous avez des difficultés financières, le service social vous garantit une aide à l’assainissement de votre situation financière.

Enfin les services d’une « Ville sociale » vous apportent une information complète et compréhensible sur l’ensemble des prestations sociales, les régimes sociaux fédéraux et cantonaux ainsi que les prestations communales. Aujourd’hui, le citoyen contribuable est en droit de savoir à qui se destine ce manifeste social et surtout combien va coûter la plaisanterie de la Ville de promotion l’image de « Lausanne, Ville sociale » aux contribuables.

Je ne résiste pas au plaisir de conclure cette lettre par les paroles d’un élu de gauche d’une autre ville qui occupe le haut du tableau de l’aide sociale. Ce membre du parlement communal de la ville de Bienne faisait remarquer que les acteurs de l’état social n’avaient aucun avantage à ce que le nombre de dossiers de demande d’aide diminue, faute de quoi ils risquaient de perdre leur activité professionnelle. La Municipalité de Lausanne en faisant la promotion de sa politique «Lausanne, Ville sociale » entre malheureusement dans la spirale évoquée courageusement  par l’élu biennois.

 

Commentaires

Félicitations pour votre humour : vous m'avez fait rire du début à la fin !

Est-ce affligeant ou édifiant ?

Je penche pour les deux parce que - vous le relevez très justement - il faut bien préparer les futures élections communales et cantonales ... :-)

Écrit par : MBA = initiales | 24/09/2014

Lausanne ne veut pas que les gens se retrouve dans la rue, ne veut pas que les gens mendient pour manger, quoi de choquant ? Vous préféreriez voir la misère dans la rue ?
Les aides financières se retrouvent directement dans le circuit économiques (appartements, nourritures, assurances,...), donc aide à l'économie locale.
Ce qu'il y a à contrôler, ce sont les abus, pour le reste, il vaut mieux une pauvreté soulagé, que des ghettos lausannois qui sombrent dans la violences.

Et ce qui coûte le plus, c'est l'évasion fiscale, pas les pauvres

Écrit par : roket | 24/09/2014

Mais que la gauche teste avant les citoyens les projets futuristes de l'aide sociale
Allez les bobos au boulot,testez ce que les Socialistes proposent et ensuite le peuple acceptera ou pas selon vos réactions ,non mais des fois
On aurait peut-être et enfin des programmes qui sont durables qui sait!

Écrit par : lovsmeralda | 24/09/2014

Monsieur Voiblet,

Vous dites:
"Ce document un véritable document d’appel à la disposition du citoyen de Lausanne, MAIS AUSSI AUX CITOYENS D'AUTRES LOCALITÉS*, désireux de bénéficier de l’offre sociale florissante de Lausanne"
(* les MAJUSCULES sont de mon cru)
... tièrement d'accord avec vous! Surtout depuis que j'ai eu connaissance d'un cas typique de la spirale de l'aide sociale dont vous parlez!
Le cas d'un gars que nous nommerons Monsieur Keller (Cave en français. Ceci afin qu'il puisse garder l'anonymat. Il ne faut pas jeter les pauvres de l'aide sociale à la vindicte populaire qui se dit de gauche.
Dans son canton, le Jura bernois, ce Keller était totalement rétamé. Au bout du rouleau, aussi bien politiquement, que socialement ou même professionnellement. Il était directeur de la Fondation Bellelay et, si mes souvenirs sont bons, une fondation qu'il laisse en pleine tourmente financière. Et bien ce gars a bénéficié d'une nouvelle vie sociale et politique à Lausanne. Donc, l'aide "sociale" de sa ville d'accueil, ne peut être qu'une florissante catastrophe!...
La catastrophe c'est que, pour une fois, je suis entièrement d'accord avec vous!
Signé: JC Bouille alias Père Siffleur

Écrit par : Père Siffleur | 24/09/2014

Monsieur Voiblet,

Lors de la séance du Conseil communal de Lausanne du 23 septembre, vous avez, à l'issue du débat provoqué par votre interpellation urgente sur le rapport social du service social Lausanne, fait référence à un article du Matin-Dimanche du 21 septembre intitulé "Populisme social" dans lequel sont cités les propos d'un élu biennois qui dit : " Le travail social s'est développé en un modèle d'affaires lucratif. De plus en plus de travailleurs du secteur fondent leur société et n'ont aucun intérêt à liquider les dossiers".

Lors de votre intervention, vous avez attribué ces propos à un élu biennois du PS.

Or l'article du Matin-Dimanche de Jean-Claude Péclet précise très clairement qu'il s'agissait de propos de l'élu Alain Pichard, membre... des Verts libéraux, parti dont la dénomination devrait par ailleurs plutôt être Libéraux verts, ceci étant toutefois une autre question.

Une telle erreur mériterait à l'évidence un rectificatif de votre part lors de la prochaine séance du Conseil. Question d'honnêteté vis-à-vis du citoyen. Cela vaudrait par ailleurs aussi pour n'importe quel élu, quelle que soit sa couleur politique.

Écrit par : Minos | 27/09/2014

Oui vous avez raison, la référence à l'article du 21 septembre du Matin Dimanche était certes correcte, mais les propos tenus que je citais de mémoire concernaient un élu du centre et non pas un socialiste.
Cela étant dans ce débat je souhaitais montrer simplement que d'autres acteurs politiques que l'UDC sont interpellées sur cette nouvelle branche économique, celle du sociale.

Écrit par : cavoiblet | 30/09/2014

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