21/05/2010

Chômage, formation et places d’apprentissage étroitement liés

 

Agir en faveur des places d’apprentissage est une chose, soutenir le système de formation dual en est une autre !

C’est sous la signature de Madame Rebecca Ruis, présidente des socialistes lausannois, que la gauche souhaite apporter un soutien à la création de nouvelles places d’apprentissage pour les jeunes au sein des services de la ville de Lausanne. Loin de moi l’idée de critiquer cette proposition, j’apporte d’ailleurs mon appui à cette démarche.

C’est principalement un taux de chômage supérieur à 8% qui a fait réagir le parti socialiste. Bien sûr, il serait simpliste de revenir sur le choix de la gauche de faire le pari de l’illégalité en proposant d’offrir des places d’apprentissage, donc en offrant un emploi au noir sur le marché du travail, à des personnes sans-papiers.

C’est volontairement que je ne m’aventure pas sur ce chemin-là. Même si aujourd’hui le parti socialiste lausannois essaie avec cette proposition de redorer, à moindre frais, Canton-taux.jpgson image auprès des jeunes ‘’en situation légale’’ qui ne trouvent pas de places d’apprentissage dans notre ville.

L’action politique ne doit pas se juger à l’aune du programme politique du parti socialiste vaudois pour les dernières élections cantonales, qui ressemblait à si méprendre à la liste du Père Noël, mais par l’analyse des actions politiques pragmatiques visibles.

Aujourd’hui Madame Rebecca Ruis réclame des places d’apprentissage supplémentaires. Cela est très bien en soi ! Il est par contre important de porter un regard critique sur l’action globale du parti socialiste vaudois dans ce dossier. A l’échelon cantonal, la Ministre socialiste en charge de l’enseignement, Mme Anne-Catherine Lyon, mène une politique qui éloigne malheureusement la formation scolaire des réels besoins de l’économie vaudoise. Sa nouvelle loi scolaire, actuellement en consultation, ouvre une voie royale à la formation académique et laisse sur le bord du chemin la formation professionnelle dual.

La solution pour une offre de formation plus large aux jeunes doit s’inscrire en priorité dans le maintien d’un nombre suffisant d’entreprises formatrices. Il s’agit aussi de s’interposer contre la volonté très forte de la gauche de ‘’scolarisation de l’apprentissage’’ en luttant contre l’académisation à outrance des formations. La politique de formation soutenue par notre canton doit en priorité viser un renforcement de la formation par la voie de l’apprentissage. Cette réalité, pourtant pleine de sens, est cependant aux antipodes des visions des socialistes vaudois.

ha oui, excusez-moi, j’allais presque oublier ce petit détail : Il y a quelques années, Monsieur  Rudolf Strahm, éminent socialiste connu sous le nom de Monsieur Prix, relevait à juste titre, que tous les cantons qui ont des taux de formation par la voie de l’apprentissage très élevés, enregistrent des taux de chômage très bas. Faut-il parler de coïncidence ou de réalisme ?

A la lumière de ces éléments, n’est-il pas plus important d’avoir une formation qui réponde réellement aux attentes du marché du travail, plutôt qu’une politique de quota, comme le proposent les socialistes lausannois ?

15/04/2010

Maintenant, à nous citoyens de faire le pari de l’illégalité.

Depuis quelques semaines, les autorités exécutives de Lausanne offrent un spectacle navrant de déni de démocratie. Tout d’abord la Municipalité a fièrement affiché son ‘’Pari de l’illégalité’’ dans sa volonté d’ouvrir les places d’apprentissage de la Ville aux clandestins. Ensuite comme cela n’était pas suffisant, la gauche a orchestré la présence d’un groupe de clandestins lors des délibérations du Conseil communal.

En effet, lors du Conseil communal du 13 avril 2010, où siégeait l’ensemble des élus lausannois, y compris la Municipalité au complet, un groupe de sans-papiers avec enfants, a été annoncé à la tribune par un Conseiller communal avocat et élu au Grand Conseil. Ces personnes ont sans autre passé le contrôle d’accès à la salle du Conseil communal qui est placé sous la responsabilité de deux agents de la police municipale.

Notre pays développe une politique migratoire régie par la Loi fédérale sur les étrangers. De cette loi découle une loi d’application vaudoise qui délègue notamment des responsabilités claires aux communes. Il s’agit par exemple de l’obligation de dénoncer les infractions à la Loi sur les étrangers auprès du juge d’instruction, conformément à l’article 77 de la Loi sur les communes.

 

Que s’est-il passé lors de la séance précitée du Conseil communal ? Une quinzaine de migrants, sans papiers, étaient présents dans la salle. Hormis l’instrumentalisation politique malheureuse de ces personnes en situation difficile, l’ensemble des autorités de la Ville, police municipale comprise, connaissait l’illégalité de cette situation. Pourtant la classe politique a fermé les yeux en oubliant le serment prononcé lors de leur prise de fonction. Sciemment, les personnes représentant l’autorité communale n’ont pas réagi à une violation évidente de nos lois.

 

Aucune politique migratoire sérieuse n’est possible si les élus, y compris de gauche, sous prétexte que certaines législations ne sont pas à leur convenance, refusent d’appliquer les lois. Cette place faite à l’arbitraire n’est pas concevable pour une Municipalité censée faire respecter, avec équité, les lois et les règlements qui régissent notre Etat de droit.

 

Que répondre aujourd’hui aux nombreux citoyens qui, suite à une décision  exécutoire de nos autorités politiques lausannoises, m’interpellent en me faisant savoir qu’ils ne verraient plus pourquoi ils s’exécuteraient ! Nos Municipaux n’ont aucun scrupule à mettre leur mandat politique au service de leur parti, en violant nos lois !

 

 

Claude-Alain Voiblet

25/02/2010

Ne pas accepter de jouer aux dominos avec la gauche…

Au départ, la proposition d’un municipal qui veut ouvrir les places d’apprentissage de la ville de Lausanne aux jeunes clandestins. Ce municipal qui mériterait une place de choix à la tête d’une association en faveur des sans-papiers ne s’est pas rendu compte qu’il assumait, au travers de son mandat politique, des mesures d’exécution de lois et de règlements votés démocratiquement. Cela s’appelle mettre les pieds dans le plat ! Vous n’êtes pas convaincu ? En cinq jours il a expédié deux phrases historiques dans les médias, soit : ’'Nous faisons le pari de l’illégalité’’ avant d’affirmer ‘’Nous faisons maintenant le pari de la légalité''. Peut-être que l’UDC n’est pas étrangère à ce changement de cap, mais ne soyons pas prétentieux.

 

Cependant la stratégie ‘’girouette’’ d’un municipal ne doit pas nous faire basculer dans la naïveté. Sous ce beau profil d’ouverture de la gauche, se cache une démarche bien plus insidieuse. En effet, la gauche tient le langage suivant : ‘’Ok, la démarche de la Ville de Lausanne n’est pas légale, alors que pouvons-nous faire ensemble pour offrir une formation aux jeunes clandestins ?’’. Répondre à cette question ouvre complètement la porte à un autre débat qui est la légalisation de tous les clandestins présents dans notre pays. L’enjeu principal n’est pas les deux ou trois places d’apprentissage que pourrait offrir la Ville en toute illégalité, mais bien la politique migratoire de notre pays. Alors nous ne devons pas entrer dans ce jeu. Notre pays s’est doté, il y a quelques mois, d’une nouvelle loi sur les étrangers et d’une nouvelle loi sur l’asile avec la bénédiction du peuple vaudois. Ces deux lois, associées à nos lois sur le sur le travail, répondent parfaitement à la politique migratoire soutenue démocratiquement par une majorité du peuple suisse. Si la gauche n’est pas en accord avec la législation, qu’elle utilise les voies démocratiques offertes à tout citoyen suisse pour faire changer les choses. Pour ma part je ne vais pas entrer dans le jeu de la gauche. Dans la gestion d’une collectivité il n’y a pas de place pour ‘’tenir le pari de l’illégalité’’, les voies démocratiques existent pour permettre la régularisation des sans-papiers, Certes cette voie vers la régulation est étroite, mais c’est la volonté majoritaire du peuple suisse. N’en déplaise à la gauche…