03/09/2010

La révision de l'assurance chômage est indispensable pour sa survie...

Aujourd'hui, la dette cumulée de l'assurance chômage en Suisse atteint quelque 8 milliards de francs. Cette situation critique est relativement simple à expliquer car elle est le fruit d'un nombre moyen de chômeurs largement supérieur aux prévisions initiales. Il manque ainsi chaque année près d'un milliard de francs dans les caisses de cette assurance sociale.

En analysant cette situation, nous constatons que ce déficit n'est pas le fait d'une situation conjoncturelle, mais surtout la résultante d'un problème structurel. En effet, nous constatons que depuis la dernière révision de l'assurance chômage, au début des années 2000, la gestion financière de cette caisse se base sur l'hypothèse que le nombre annuel de chômeurs se situe en moyenne annuelle à environ 100'000 personnes.

Hélas, sur la base des résultats de ces huit dernières années, force est de constater que cette estimation n'est pas correcte, il aurait été préférable de baser les calculs sur un nombre moyen annuel d'au moins 125'000 personnes. A mes yeux, cette situation parle logiquement pour l'assainissement de l'assurance chômage.

Cette quatrième révision de la loi sur l'assurance chômage soumise au peuple, prévoit des mesures très équilibrées entre les économies potentielles à hauteur de 622 millions de francs et les recettes supplémentaires de 646 millions de francs. Les recettes proviennent en grande partie du relèvement des cotisations paritaires de 0.2% et du pourcent de solidarité sur les gros salaires qui sera réintroduit pour soutenir cette volonté politique d'amortissement de la dette. Ces recettes supplémentaires sont réparties équitablement entre les différents acteurs de l'assurance chômage. A cela s'ajoutent les mesures d'économies directes, soit la durée d'indemnisation correspondant au maximum à la durée de cotisation.

N'est-ce pas là une mesure logique ?

Aujourd'hui, contrairement à la gauche, j'estime que ces mesures ne sont pas les prémices d'un démantèlement de cette assurance, mais bien au contraire la garantie de l'assainissement rapide de l'assurance chômage pour les années à venir permettant d'assurer sa pérennisation !

21/05/2010

Chômage, formation et places d’apprentissage étroitement liés

 

Agir en faveur des places d’apprentissage est une chose, soutenir le système de formation dual en est une autre !

C’est sous la signature de Madame Rebecca Ruis, présidente des socialistes lausannois, que la gauche souhaite apporter un soutien à la création de nouvelles places d’apprentissage pour les jeunes au sein des services de la ville de Lausanne. Loin de moi l’idée de critiquer cette proposition, j’apporte d’ailleurs mon appui à cette démarche.

C’est principalement un taux de chômage supérieur à 8% qui a fait réagir le parti socialiste. Bien sûr, il serait simpliste de revenir sur le choix de la gauche de faire le pari de l’illégalité en proposant d’offrir des places d’apprentissage, donc en offrant un emploi au noir sur le marché du travail, à des personnes sans-papiers.

C’est volontairement que je ne m’aventure pas sur ce chemin-là. Même si aujourd’hui le parti socialiste lausannois essaie avec cette proposition de redorer, à moindre frais, Canton-taux.jpgson image auprès des jeunes ‘’en situation légale’’ qui ne trouvent pas de places d’apprentissage dans notre ville.

L’action politique ne doit pas se juger à l’aune du programme politique du parti socialiste vaudois pour les dernières élections cantonales, qui ressemblait à si méprendre à la liste du Père Noël, mais par l’analyse des actions politiques pragmatiques visibles.

Aujourd’hui Madame Rebecca Ruis réclame des places d’apprentissage supplémentaires. Cela est très bien en soi ! Il est par contre important de porter un regard critique sur l’action globale du parti socialiste vaudois dans ce dossier. A l’échelon cantonal, la Ministre socialiste en charge de l’enseignement, Mme Anne-Catherine Lyon, mène une politique qui éloigne malheureusement la formation scolaire des réels besoins de l’économie vaudoise. Sa nouvelle loi scolaire, actuellement en consultation, ouvre une voie royale à la formation académique et laisse sur le bord du chemin la formation professionnelle dual.

La solution pour une offre de formation plus large aux jeunes doit s’inscrire en priorité dans le maintien d’un nombre suffisant d’entreprises formatrices. Il s’agit aussi de s’interposer contre la volonté très forte de la gauche de ‘’scolarisation de l’apprentissage’’ en luttant contre l’académisation à outrance des formations. La politique de formation soutenue par notre canton doit en priorité viser un renforcement de la formation par la voie de l’apprentissage. Cette réalité, pourtant pleine de sens, est cependant aux antipodes des visions des socialistes vaudois.

ha oui, excusez-moi, j’allais presque oublier ce petit détail : Il y a quelques années, Monsieur  Rudolf Strahm, éminent socialiste connu sous le nom de Monsieur Prix, relevait à juste titre, que tous les cantons qui ont des taux de formation par la voie de l’apprentissage très élevés, enregistrent des taux de chômage très bas. Faut-il parler de coïncidence ou de réalisme ?

A la lumière de ces éléments, n’est-il pas plus important d’avoir une formation qui réponde réellement aux attentes du marché du travail, plutôt qu’une politique de quota, comme le proposent les socialistes lausannois ?