16/10/2013

Concordat latin de l’exécution des peines : un outil pour les périodes de beau temps, inutile contre la grêle de l’insécurité qui persiste en Suisse !

Il aura suffit d’un événement dramatique pour que l’on se rende compte de la fragilité de la gestion dans la prise en charge de l’exécution des peines au sein du Canton de Vaud. Mme la Conseillère d’Etat en charge de la justice vient d’en faire la parfaite démonstration, elle a dans l’urgence et dans la précipitation supprimé toutes les sorties de criminels sur l’ensemble du territoire cantonal pour les semaines à venir.

 

En sommes, nous devrions saluer cette démarche ! Mais, une telle mesure prise dans l’urgence, nous force à admettre que le Conseil d’Etat n’est absolument pas rassuré par sa gestion et sa prise en charge de personnes qui exécutent des peines et qui sont au bénéfice de mesures éducatives dans notre Canton !

 

Voici quelques  jours, j’ai pris connaissance avec étonnement des propos de M. Pierre Maudet, Conseiller d’Etat genevois. En effet, ce dernier s’énervait - semble-t-il à juste titre - de la gestion intercantonale très lacunaire dans le domaine de la sécurité et de l’exécution des peines entre les cantons romands.

 

Pourquoi ce Conseiller d’Etat Genevois s’est-il confié directement aux médias pour dénoncer un dysfonctionnement évident dans le domaine de la sécurité qui concerne directement le Canton de Vaud ? Ne se parle-t-on pas entre gouvernants voisins ?

 

Certains diront qu’il est en campagne électorale -  cela est probablement le cas -  mais ses propos font réfléchir, ils doivent sérieusement nous interpeller et ils ont de quoi inquiéter les citoyens.

 

De quoi parle-t-on ?

 

M. Pierre Maudet a expliqué que la police genevoise a arrêté des personnes qui étaient recherchées par la police et la justice vaudoise. Lorsque ses services ont souhaité remettre ces criminels à la justice vaudoise, ils ont eu pour unique réponse :

 

·        Nous vous prions de relâcher ces personnes, car nous n’avons pas de place dans les prisons vaudoises pour les prendre en charge.

  

Ces simples faits apportent - si cela était encore nécessaire – un poids supplémentaire à une motion que j’ai déposée et qui demande une unification de la pratique romande en matière d’exécution des peines.  Cette motion  met aussi le doigt sur les nombreux disfonctionnements de ces derniers mois,  en demandant une réviser urgente du «Concordat latin régissant les conditions de détention dans les cantons romands».

 

Aujourd’hui, il est urgent d’harmoniser les pratiques en vigueur en Suisse romande dans l’exécution des peines. Tout comme il est nécessaire de mettre en place une meilleure transmission de l’information entre les diverses instances qui interviennent dans l’application des peines.

 

En conclusion, ma motion demande aussi une réflexion intercantonale sur le renforcement indispensable de la sécurité dans le cadre  des sorties éducatives des criminels violents, sexuels ou dangereux pour la société en précisant dans quelles conditions peuvent éventuellement s’opérer de telles sorties éducatives.

 

D’ailleurs ne devrait-on pas - dans de nombreux cas - les interdire !