04/12/2013

Pourquoi rejeter le projet FIAF de financement des infrastructures ferroviaires soumis au peuple le 9 février prochain ?

''Suisse étend largement ses infrastructures ferroviaires, l’exploitation de ces infrastructures pourrait être difficilement finançable dans un proche avenir pour les collectivités publiques de notre pays’’.

Cette prédiction n’est pas celle de l’UDC ou de l’ASTAG, mais bien de Monsieur Benedict Weibel, ancien directeur général des CFF. Une nouvelle fois, comme cela fut le cas pour la vignette, de nombreux élus romands nous jouent le couplet des nombreux investissements en Suisse romande pour applaudir des deux mains ce projet pourtant démesuré et difficilement finançable en puisant à nouveau dans la poche du contribuable.

Alors que le projet initial prévoyait des investissements de 3.5 milliards, les Chambres fédérales l’ont étoffé pour le porter à 6.4 milliards. Investir dans nos infrastructures ferroviaires est nécessaire, mais comme ce ne sont pas les utilisateurs de ces nouvelles prestations qui vont financer ces nouvelles infrastructures, il est important de s’interroger sur ce financement !

Tout d’abord, il y a cette participation supplémentaire de 0.1% de la taxe sur la valeur ajoutée de 2018 à 2030 ; ensuite il est proposé au niveau de l’impôt fédéral direct de plafonner la déduction pour les pendulaires à 3000 francs par année alors qu’elle n’était jusqu’à présent pas limitée. Lorsque l’on sait que les Suisses se déplacent de plus en plus loin pour accomplir leur activité professionnelle, cette déduction représente une charge qui n’est pas négligeable pour les habitants des régions périphériques. Ce projet de financement et d’aménagement des infrastructures ferroviaires ne propose pas un accroissement significatif de la participation des usagers, alors même qu’il institue de manière pérenne le détournement des recettes fiscales de la route (RPLP) en faveur du rail. A cela s’ajoute encore la facture présentée aux cantons qui va augmenter de 200 millions de francs. Là encore, ce sont les contribuables et non les utilisateurs qui vont prendre en charge cette facture.

Au final, si des investissements importants sont nécessaires en priorité en Suisse romande pour les transports publics, l’opacité du financement des 6.4 milliards de fonds nécessaires doit une nouvelle fois nous faire réfléchir. Le fait que certaines de ces infrastructures concernent les Romands ne doit pas nous empêcher de porter un regard critique à l’ensemble de ce projet. Si le rail demande des investissements considérables, il faut souligner que le financement à long terme des infrastructures routières n’est absolument pas garanti alors même que sur les 9,5 milliards de francs perçus dans la poche du trafic individuel, seuls 3.8 milliards sont directement affectés au fonds routier.

En plus le fonds routier participe directement à la réalisation d’infrastructures ferroviaires. Après le vote logique du peuple suisse contre la vignette à 100 francs, la Confédération a dû licencier des dizaines de collaborateurs engagés de manière anticipée. Espérons qu’il n’en ira pas de même concernant le financement des infrastructures ferroviaires.