16/11/2013

Tour Taoua - Oui à une votation populaire !

Que l’on soit pour ou contre ce projet particulier, je suis d’avis qu’une telle décision appartient en priorité à la population lausannoise.

 


Lors des débats au sein du Conseil communal, trois des cinq groupes politiques présents au conseil ont annoncé leur soutien au référendum ! La logique parlait donc en faveur d’un référendum spontané, mais la majorité l’a refusé. Ainsi, et pour permettre aux lausannoises et aux Lausannois de se prononcer, je m’engage au sein du comité référendaire.

 

De nombreux arguments parlent en faveur d’une consultation de la population. Tout d’abord, la Tour Taoua constitue à coup sûr un précédent. Si elle est construite, d’autres tours verront le jour à Lausanne, un projet est déjà en gestation à la Blécherette. Une votation populaire sur la tour Taoua donnera un signal fort et une légitimité à la stratégie d’urbanisation de notre ville, quel que soit le résultat.

A mes yeux les citoyens, les locataires et les propriétaires ont été trompés. En 2006, la Municipalité et le Conseil communal ont classé le site de Beaulieu en zone d’utilité publique avec une hauteur des constructions limitée à 17 mètres (plus gabarit de toiture de 8m). Sept ans plus tard, le projet Taoua prévoit la réalisation d’une tour de 85 mètres comprenant 26 étages. Pour ceux qui habitent le quartier concerné, cela signifie qu’ils auront à l’avenir la vue obstruée par un mur de béton de 85 mètres de haut et de 42 mètres de large, tout en payant le même loyer !

Aujourd’hui, l’urbanisation et la construction ont besoin d’une vision solide et Lausanne mérite mieux qu’une gestion politique opportuniste à court terme. Nous, Lausannoises et Lausannois, avons réellement besoin d’une discussion publique et démocratique sur la politique de construction de tours au cœur de notre Ville.

Une tour sans utilité publique dans une zone d’utilité publique est-ce bien raisonnable ? Les débats au Conseil communal ont clairement démontré que le Centre d’exposition de Beaulieu n’a pas besoin de cette tour. En effet, la capacité hôtelière lausannoise est suffisante et les quelques 10’000 m2 de logements prévus (2/3 en PPE et 1/3 en loyers contrôlés)  sont à comparer aux 180'000 m2 prévus à Vidy et aux 480'000 m2 de la Plaine-du-Loup pour comprendre que cette tour ne résout en rien la pénurie de logements.

Je m’interroge pour savoir qui aura le privilège d’habiter les logements à loyers contrôlés de cette tour ? L’attribution de ces quelques logements allant de 1’750 francs par mois pour un logement de 3,5 pièces et 2’330 francs pour celui de 4,5 pièces à 100 m2, répondra à quels critères ? Comment se fera le choix de ces quelques locateurs heureux ? Au final, la tour représente beaucoup de nuisances pour de nombreux habitants des quartiers concernés et elle ne fait bénéficier que quelques privilégiés.

Cette tour est une construction sans une valeur ajoutée pour les Lausannoises et les Lausannois ! Elle n’apporte pas de véritables plus-values pour notre Ville et il n’y a pas de raison objective prépondérante à réaliser cette tour au cœur de notre cité. A mes yeux la tour Taoua n’est pas une bonne réponse à la pénurie de logements à loyers abordables. Elle n’apporte aucune valeur ajoutée à l’environnement bâti et naturel et elle n’améliore pas la qualité de vie du cœur de la Ville. De plus cette tour ne présente économiquement et financièrement aucun profit prépondérant pour Lausanne et n’apporte pas une proportion plus élevée d’emplois, mais par contre elle représente une entrave la mobilité dans les quartiers du nord-est de la ville.

 

Aujourd’hui, nous sommes confrontés au choix d’accepter un symbole de puissance de l’opportunisme économique et politique ou de mener un référendum contre ce projet qui ne présente aucune forme d’utilité publique. Il est donc important que les Lausannoises et les Lausannois disent clairement s’ils souhaitent, oui ou non, ouvrir la Ville à la construction de tours !

01/10/2013

Tour Taoua - symbole ou qualité de vie, l’heure du choix !

Durant de longues semaines, je me suis interrogé concernant le choix - de la réalisation ou non - d’une tour de plus de 85 mètres comprenant plus de 27 étages sur le site de Beaulieu au cœur de Lausanne. Doit-on ou pas ériger un tel édifice au cœur de Lausanne ?

Définir ma position n’a objectivement pas été simple. Tout d’abord l’idée de construire un tel édifice a alimenté mon égo, serions-nous moins bon que les Bâlois ou les Zurichois ?

 

Heureusement ce type de raisonnement hâtif, naïf et peu rationnel ne m’a pas habité très longtemps ! Ce n’est que lorsque j’ai réellement abordé ce projet important - sous l’angle des avantages réels que pourraient retirer globalement les Lausannoises et les Lausannois d’une telle construction - qu’une évidence s’est logiquement imposée : la population lausannoise dans son ensemble n’a aucune plus-value effective et réelle à attendre d’une telle réalisation…

 

Crier son opposition à ce projet est une chose, motiver cette dernière en est une autre. Plus pragmatiquement, il s’agit de répondre à la question de savoir si la réalisation d’une tour de plus de 24 étages améliore singulièrement l’offre de logements à Lausanne ?

La réponse est clairement NON ! Une construction plus conventionnelle, utilisant le périmètre nécessaire à la construction de cette tour et répondant aux besoins avérés, permettrait de réaliser une surface équivalente de surface de logement !

 

A la question de savoir si la construction d’une tour de 85 mètres apporterait une valeur ajoutée à l’environnement bâti et naturel des Lausannoises et Lausannois, la réponse est également clairement NON, car l’implantation d’une tour isolée, au cœur d’un espace bâti harmonieux, tel que celui situé à proximité de Beaulieu n’est à tout point de vue pas une amélioration de l’espace bâti. De plus, elle n’a aucune incidence positive sur l’environnement naturel, que ce soit en matière de consommation d’énergie, d’utilisation de matériaux renouvelables ou de pollution.

Autre question : une tour de 85 mètres va-t-elle améliorer la qualité de vie du cœur de la ville ? C’est également NON, car en dehors de l’aspect et de l’impact visuel important qui mérite à lui seul un rejet de ce projet, les quartiers voisins vont voir leur qualité de vie diminuer par des problèmes de mobilité, par un impact important au niveau de l’ensoleillement et la proximité physique et volumétrique d’un bâtiment imposant de 27 étages sous leurs fenêtres !

 

Enfin, s’agissant de savoir si cette tour de 85 mètres apportera un nombre d’emplois directs plus élevés en lien direct avec son exploitation par rapport à une construction traditionnelle, la réponse est toujours clairement négative puisque que l’ensemble des surfaces commerciales prévues dans ce projet peut trouver place sur le site de Beaulieu dans une construction répondant aux règles de construction en vigueur. Il suffit de constater qu’un des projets du concours (cahier des charges identiques) ne comptait que 14 étages.

 

Finalement, à part flatter l’égo de certains Municipaux et Conseillers communaux animés par le besoin d’assouvir certaines pulsions visant à devenir les égaux d’autres villes suisses engagées dans la course à la plus haute tour du pays, il n’y a aucune raison objective prépondérante à réaliser cette tour au cœur de notre cité.

 

Vous l’aurez compris, pour ma part la Tour Taoua :

 

·        n’est pas une bonne réponse à l’offre insuffisante de logements

·    n’apporte aucune valeur ajoutée à l’environnement bâti et naturel

·        n’améliore en aucun cas la qualité de vie du cœur de la Ville

·       ne présente économiquement et financièrement aucun profit prépondérant

    pour Lausanne et ne laisse pas apparaître une proportion plus élevée d’emplois

·        représente une forte entrave à la mobilité d’une bonne partie de la ville.

 

Aujourd’hui, nous sommes confrontés au choix d’accepter un symbole ou mener un référendum contre un projet qui n’apportera aucune plus-value et qui va impacter la qualité de vie de nombreux Lausannois sans répondre à une forme d’utilité publique.

 

Photo : Tour Taoua - symbole ou qualité de vie, l’heure du choix !
Durant de longues semaines, je me suis interrogé concernant le choix - de la réalisation ou non - d’une tour de plus de 85 mètres comprenant plus de 27 étages sur le site de Beaulieu au cœur de Lausanne. Doit-on ou pas ériger un tel édifice au cœur de Lausanne ?
Définir ma position n’a objectivement pas été simple. Tout d’abord l’idée de construire un tel édifice a alimenté mon égo, serions-nous moins bon que les Bâlois ou les Zurichois ?
Heureusement ce type de raisonnement hâtif, naïf et peu rationnel ne m’a pas habité très longtemps ! Ce n’est que lorsque j’ai réellement abordé ce projet important - sous l’angle des avantages réels que pourraient retirer globalement les Lausannoises et les Lausannois d’une telle construction - qu’une évidence s’est logiquement imposée : la population lausannoise dans son ensemble n’a aucune plus-value effective et réelle à attendre d’une telle réalisation…
Crier son opposition à ce projet est une chose, motiver cette dernière en est une autre. Plus pragmatiquement, il s’agit de répondre à la question de savoir si la réalisation d’une tour de plus de 24 étages améliore singulièrement l’offre de logements à Lausanne ?
La réponse est clairement NON ! Une construction plus conventionnelle, utilisant le périmètre nécessaire à la construction de cette tour et répondant aux besoins avérés, permettrait de réaliser une surface équivalente de surface de logement !
A la question de savoir si la construction d’une tour de 85 mètres apporterait une valeur ajoutée à l’environnement bâti et naturel des Lausannoises et Lausannois, la réponse est également clairement NON, car l’implantation d’une tour isolée, au cœur d’un espace bâti harmonieux, tel que celui situé à proximité de Beaulieu n’est à tout point de vue pas une amélioration de l’espace bâti. De plus, elle n’a aucune incidence positive sur l’environnement naturel, que ce soit en matière de consommation d’énergie, d’utilisation de matériaux renouvelables ou de pollution.
Autre question : une tour de 85 mètres va-t-elle améliorer la qualité de vie du cœur de la ville ? C’est également NON, car en dehors de l’aspect et de l’impact visuel important qui mérite à lui seul un rejet de ce projet, les quartiers voisins vont voir leur qualité de vie diminuer par des problèmes de mobilité, par un impact important au niveau de l’ensoleillement et la proximité physique et volumétrique d’un bâtiment imposant de 27 étages sous leurs fenêtres !
Enfin, s’agissant de savoir si cette tour de 85 mètres apportera un nombre d’emplois directs plus élevés en lien direct avec son exploitation par rapport à une construction traditionnelle, la réponse est toujours clairement négative puisque que l’ensemble des surfaces commerciales prévues dans ce projet peut trouver place sur le site de Beaulieu dans une construction répondant aux règles de construction en vigueur. Il suffit de constater qu’un des projets du concours (cahier des charges identiques) ne comptait que 14 étages.
Finalement, à part flatter l’égo de certains Municipaux et Conseillers communaux animés par le besoin d’assouvir certaines pulsions visant à devenir les égaux d’autres villes suisses engagées dans la course à la plus haute tour du pays, il n’y a aucune raison objective prépondérante à réaliser cette tour au cœur de notre cité.
Vous l’aurez compris, pour ma part la Tour Taoua :
·       n’est pas une bonne réponse à l’offre insuffisante de logements
·       n’apporte aucune valeur ajoutée à l’environnement bâti et naturel
·       n’améliore en aucun cas la qualité de vie du cœur de la Ville
·       ne présente économiquement et financièrement aucun profit prépondérant pour  Lausanne et ne laisse pas apparaître une proportion plus élevée d’emplois
·       représente une forte entrave à la mobilité d’une bonne partie de la ville.
Aujourd’hui, nous sommes confrontés au choix d’accepter un symbole ou mener un référendum contre un projet qui n’apportera aucune plus-value et qui va impacter la qualité de vie de nombreux Lausannois sans répondre à une forme d’utilité publique.
(Claude-Alain Voiblet, Député, Conseiller communal, Vice-président UDC Suisse - 01.10.13 - blog.24heures.ch)